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Je ne saurais me prévaloir d’une grosse expérience sur ce sujet, cependant je voudrais partager ici une expérience singulière. Nous avons vu que dans le cas de stress post-traumatique peut avoir une manifestation des tensions à travers des rêves désagréables.


Il peut arriver de même un moment particulier d’une thérapie qu’un cauchemar reste fixé dans la mémoire du patient de manière obsédante. Tel un message qui voudrait à tout prix se faire comprendre, mais qui échoue, ce rêve va en envahissant le sens de conscience de la personne la perturber davantage. Cela peut être néanmoins l’occasion d’un travail tout à fait intéressant avec l’outil IPMO.

En effet, les traces laissées par ce cauchemar sont autant d’expressions émotionnelles sur lesquelles nous allons pouvoir travailler : images, sensations, émotions, pensées... Etc. seront utilisés comme cible au même titre que celles qui sont provoquées par le souvenir d’un traumatisme. Pour faire court je dirais que nous allons considérer l’émergence de ce mauvais rêve comme traumatisme per se.

Je pense particulièrement un cas de «jumeau fantôme», c’est-à-dire  d’empreinte prénatale laissé par la disparition d’un embryon jumeau pendant la gestation. Il arrive en effet plus souvent qu’on ne saurait l’imaginer, que pendant une grossesse un second embryon commence à se développer puis « disparaisse ». La mémoire de ce jumeau mort (évacué naturellement par le corps ou dont les cellules peuvent être récupérées par l’embryon survivant : ceci explique tétons surnuméraires ou autres dents/poils parfois retrouvés sur/dans le jumeau vivant) peut alors laisser une trace dans la mémoire émotionnelle de l’autre. Et cette mémoire peut être extrêmement dure à porter, phagocytant littéralement la vie du survivant qui peut peiner à s’autoriser à vivre. Le dévoilement de cette mémoire peut se faire de différentes manières : mémoire parfaitement intégré dans la famille, découverte tardive par les « aveux » de la mère... Mais parfois la mère elle-même n’en sait rien : un malaise existentiel amènera à un travail psychothérapeutique ou psychanalytique qui permettra le « désenfouissement » de la mémoire, notamment à travers les rêves ou de décodage de certains comportements (acheter tout en double, parler mentalement à un autre, laisse toujours une place en plus dans son lit...etc). Les rêves dans ce cas peuvent amener effectivement la mise en lumière l’existence d’un « jumeau fantôme », avec un parfois la possibilité de vérifier cette « information » par recoupement avec ce qui est connu de l’histoire de la grossesse : saignements dans les premiers mois, intervention chirurgicale, dépression soudaine et incompréhensible de la mère, cauchemars à un moment précis de la gestation, peur panique de voir le bébé naître avec un handicap...

Mais les rêves peuvent également ramener toute une somme d’informations que le cerveau peine à élaborer et qui se traduisent par un malaise parfois violent qui dure après la manifestation de ce rêve. Chaque élément peut alors être repris avec l’IPMO qui va permettre petit à petit, image après image, émotion après émotion (et elles se précisent alors au cours de la séance), sensation après sensation, de retrouver le fil de cette histoire qui cherche à se libérer. Dans le cas auquel que je pense une mise à jour des émotions négatives telles culpabilité, colère, peur... suivi de leur traitement immédiat par IPMO, a permis non seulement la prise de conscience accrue du phénomène de ce que j’appellerai « hantise gémellaire », mais aussi une mise à distance de l’histoire, une véritable libération facilitant la guérison de la psyché.

 

On peut donc utiliser IPMO pour interpréter les rêves, à la condition bien sûr d’être particulièrement vigilant sur les points suivants : manifestations émotionnelles, sensations, production imagée du rêve en regard de l’histoire du patient. Finalement le B-A BA du thérapeute ! Il est intéressant de noter d’ailleurs que ce n’est pas le thérapeute qui interprète quoi que ce soit, mais bien plutôt le patient qui va reconstituer sa propre histoire à la lumière du rêve et de l’élaboration des mémoires errantes qui sont liées, grâce à l’IPMO.

 

Je le répète, mon expérience est limitée dans ce domaine. Je n’ai pas cherché à travailler spécifiquement dans cette direction. Comme je disais récemment à un médecin qui demandait quelle était ma spécialité, les cas je préférais : je prends ce qui vient !... comme dans la vie d’ailleurs. Je fais confiance à ma vie, pour m’amener les cas qui me permettent de me rendre utile, avec lesquels je peux approfondir ma connaissance de l’être humain et perfectionner ma pratique. Et si j’ai des affinités avec certains champs d’application, ce n’est pas forcément là que j’ai obtenu le plus de résultats ou le plus appris.

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