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On sait depuis 1994 que les mouvements oculaires du sommeil sont liés à l'intensité des émotions négatives dans le rêve et non pas une sorte de regard qui se promènerait sur l'image du rêve. L'hypothèse a été posée que les mouvements oculaires induisent une modification électrique directement liée au traitement des mémoires. Or, rappelons-le, tout le fonctionnement de notre cerveau n'est qu'un vaste système de transfert d'informations électriques. Mme Shapiro s'appuie sur cette théorie pour supposer que « les décharges neuronales des mouvements oculaires rapides... Pourrait avoir un effet inhibiteur sur l'emplacement où le souvenir traumatique est emmagasiné, inversant la pathologie neuronale... ». Elle développe une hypothèse de travail exposant un modèle théorique de traitement accéléré de l'information : à partir d'une expérience traumatique nous mettons en oeuvre autant que possible notre pensée, notre parole, notre capacité à rêver jusqu'à résolution spontanée du conflit convoqué par l'incident. Une fois intégrées toutes les nouvelles informations, tous les apprentissages liés à l'expérience, notre cerveau procède enfin au stockage de ces données. Ce qui est inutile, émotions, sensations, opinions négatives ont été évacuées au cours du processus. Cependant il arrive que ce mode d’intégration ne soit plus opérationnel, notamment lorsque le vécu a atteint un degré dramatique trop important pour permettre l'assimilation des informations par notre cerveau. Elle ne peut donc pas être stockée dans la zone adéquate et s'expriment alors par des cauchemars, des flash-backs, des pensées négatives récurrentes, des émotions ingérables. Avec des conséquences externes : troubles du comportement, phobies, désocialisation... Nous retrouvons ici les caractéristiques du syndrome de stress post-traumatiques rencontrés par exemple après les attentats, des accidents graves, des guerres, des viols... etc. Les mouvements oculaires permettraient de stimuler le système de traitement des informations, accélérant le processus de guérison psychique.

 

Lorsqu’il y a un vécu insupportable,

 l’élaboration cérébrale des informations liées à l’expérience traumatique devient impossible.

 

 


Du corps au cerveau, du cerveau au corps...

 

Notre comportement social est désormais pour une large part le produit de notre raisonnement. Dans le cas d’une prédominance de programmes « toxiques » (voir précédents articles), au lieu de traiter des informations objectives notre néo-cortex va analyser toutes les informations à la lumière des filtres que sont ces programmes. Or chaque expérience va être intégrée dans notre mémoire avec une tonalité affective : au-delà de la simple circulation d'informations électriques, il y a toujours une émotion associée. Chaque expérience va être enregistrée selon son caractère agréable ou désagréable, notamment par le biais de notre ressenti physique et sa traduction sur le plan biochimique. Pour résumer schématiquement, la chimie de notre corps va traduire une réaction à une expérience donnée, avec une coloration émotionnelle qui va déterminer l’interprétation de chaque information. Notre état physique sera l’écho de ce que nous vivons, de ce que le cerveau a compris et de comment il y répond.

 

Nous voyons ici se dessiner l’arrière plan de l’harmonie corps/esprit (voir chapitre Sophro) qui n’est rien d’autre que la perception « juste » dans notre corps de notre état émotionnel, du résultat de l’analyse par notre cerveau des informations transmises par le corps

 

La mise en pratique de la relaxation ou de la méditation, la prise en charge psychothérapeutique, nous aident à prendre conscience de ces messages inscrits dans notre corps (insomnie, douleurs, addictions...) et notre psyché (hypersensibilité, inhibitions, dépression, cauchemars, phobies...). Notre mémoire peut nous restituer les informations de base, par exemple l’évènement fondateur de notre problématique.  Si nous ne faisons que récupérer le souvenir sans pouvoir soigner la blessure qui l’a accompagné, nous acquérons une connaissance qui peut ne faire que rajouter de la douleur à la douleur. Nous poursuivrons inlassablement la recherche de ce qui a pu être antérieurement la cause de ce premier indice, et creuserons la plaie au lieu de la soigner.

 

L’Intégration par les Mouvements Oculaires (IPMO) va permettre ce travail de retraitement de mémoire errante. Il est remarquable de voir comment, une fois cette mémoire retraitée, le cerveau peut à nouveau élaborer des comportements cognitifs sains, effaçant -souvent sur le champ- les manifestations physiques ou psychiques douloureuses. Parfois après des années de hantise d’un traumatisme qui a pu provoquer une désocialisation importante, nous voyons une personne sourire, faire des projets, retourner à la vie dans tous les sens du terme. Il est intéressant de noter que ces processus cognitifs sains émergent la plupart du temps spontanément au cours de la séance!

 

Une fois l’élaboration de la mémoire traumatique débloquée,

 grâce aux mouvements oculaires,

 des processus cognitifs sains se mettent en place

et la vie normale reprends son cours.

 

 

 

 

Le système nerveux central, tel un vaste standard téléphonique, met en relation notre cerveau émotionnel (relais entre les deux autres niveaux) et notre corps. D’une part le système nerveux autonome fonctionne de matière non consciente, on le dit végétatif (ou neurovégétatif). Son fonctionnement correspond à deux tonalités : action et repos. Dans les phases d’action, le cerveau va permettre l’adaptation de notre physiologie à l’environnement grâce  au système sympathique (ou orthosympathique). En cas de stress (positif ou négatif, ce niveau du cerveau ne fait absolument pas la différence, seul le néocortex permet de raisonner) il va provoquer une réponse (réactions physiques : accélération du rythme cardiaque, de la circulation, changements de température du corps, attaque ou fuite...). Il ne prend absolument pas le temps, quand il prend le contrôle, d'analyser des informations plus subtiles telles que celles traitées par son collègue cortex ! Son objectif est clair : la survie y compris le maintien d'un certain équilibre des fonctions vitales. On pourrait le qualifier d'hyper réactif car avec un minimum d'informations il va adapter l’organisme en des temps record, mais sans recul . Dans les phases de repos, de récupération, de manière tout aussi automatique, le système parasympathique (ou vagotonique) prends le relais et inverse les commandes : l’irrigation sanguine peut gagner le système digestif, le rythme cardiaque se ralentit,  la respiration se calme, les fonctions émonctoires peuvent se déclencher, une grande fatigue s’installe... il est temps d’aller aux toilettes, puis dormir pendant que l’ensemble du métabolisme, à notre insu, veille à la restauration de nos capacités !

 

Le système nerveux central peut fonctionner en mode conscient, volontaire. Il devient moteur, prends les rênes pour gérer les émotions, notre mise en relation au monde. Certes le système autonome continuera son rôle de gestionnaire de notre physiologie, mais des informations supplémentaires plus fines seront prises en compte. C’est ici qu’interviennent les apprentissages, et toutes les données qui ont permis d’adapter notre comportement à des situations toujours plus complexes au fur et à mesure du développement de l’Homme. Il est alors possible de modérer les réactions, de percevoir une connotation positive à un stress qui serait sinon appréhendé par le cerveau reptilien comme un danger ! Notre métabolisme peut alors réagir en douceur, en reconnaissant le caractère non agressif de l’évènement.

 

Un petit exemple vous éclairera sur les conséquences de la domination des cerveaux reptilien et limbique en l’absence d’informations suffisantes : prenez un petit enfant qui n'a pas encore développé suffisamment les zones du langage dans son néocortex, mais qui souhaite communiquer avec ses petits camarades à la maternelle. Être capable d'échanger avec ses congénères est indispensable pour le petit humain. Il va utiliser prioritairement le langage du corps et de plus risque de vivre cette situation nouvelle comme un stress (un forme d’agression), ce qui peut donner quelques morsures, quelques griffures, qui vont horrifier les parents (les siens comme ceux du camarade objet de sa tentative de communication). Son reptilien commanderait fuite ou attaque... mais il veut approcher l’autre, donc il ne va pas fuir. Il lui reste donc l’attaque puisque son cerveau limbique n’a pas encore pu emmagasiner les expériences qui lui auraient permis, par mimétisme, d’adopter un comportement « social » ! L’attaque sera modérée car les bribes d’informations déjà stockées vont freiner la réaction instinctive. D’où griffures, morsures, coups : un comportement relativement archaïque.  La plupart des adultes, avec un néocortex bien développé et des habitudes sociales bien policées, sont incapables de voir autre chose que de l'agressivité dans les gestes archaïques du petit. Lui a utilisé les moyens qu’il avait à sa portée pour gérer la rencontre avec cet autre qui l’intéresse... Il suffit souvent dans ce cas de prendre le temps d'expliquer à l'enfant les règles du jeu, lui suggérer quelques comportements communicants plus pacifiques : rassuré, il pourra prendre confiance en lui et améliorer ses moyens de communication ! Et petit à petit, il développera les liaisons nerveuses (au niveau du néocortex) en un réseau de neurones parfaitement capable de gérer son expression orale. Entre un petit apparemment « méchant » et un adulte poli il n’y a rien d’autre qu’un nombre important de connexions mettant en rapport des apprentissages parfaitement rangés dans notre mémoire.

 

Un autre exemple, qui vous amusera certainement. Imaginez que des extra-terrestres débarquent dans votre jardin (ou sur le pas de votre porte si vous n’avez pas de jardin). Soit vous les attendiez, comme une hypothèses envisageable (voir le film Rencontre du troisième type) et vous avez une marge de manœuvre car vous êtes cérébralement prêt à gérer une quantité de nouveauté donnée (vous êtes une personnes intelligente, capable de pensée abstraite, ayant fait suffisamment d’expériences insolites pour vous préparer à cet inconnu). Soit vous ne vous y attendiez pas du tout « même pas en rêve » comme diraient mes enfants...Pour peu que vous n’ayez pas la télé et que vous n’ayez aucun intérêt pour la science fiction, ce choc neuronal -afflux d’informations « ingérables » par votre cerveau- risque d’être fatal à votre néocortex. Incapable de s’adapter, le limbique aura beau chercher des exemples d’adaptation à une situation similaire : il ne trouvera pas ! Retour au cerveau reptilien : nouveau --> Danger --> fuite/attaque.

Probablement fuite si vous êtes seul.  Si vous êtes en groupe et avez eu un peu de temps pour appréhender la situation, ce sera l’attaque (revoir dans ce cas Mars Attack où un vol de colombe pacifique déclenche  une réaction reptilienne... chez le martien !). Bref, vous vous retrouvez dans la position du môme qui ne sait pas gérer la relation à un nouveau petit camarade. « Seul l’inconnu nous épouvante » écrivait Antoine de St Exupéry...

 

 

Le système nerveux central gère toutes les informations reçues par le corps et le cerveau,

Il fonctionne en mode automatique (système nerveux autonome)

mais

Il peut également fonctionner en mode conscient (intervention de la pensée, néocortex)

 

En l’absence de données suffisantes,

notre cerveau fait « avec ce qu’il a » !

 


Les deux hémisphères bien connus, droit/gauche, ne représentent en fait que la partie la plus superficielle, récente, du cerveau qui s’est constitué au cours de l’évolution de l’homme de plusieurs couches. D’abord nous trouvons le cerveau dit « reptilien », archaïque : le système limbique, dont le rôle est d’assurer la survie. Ensuite vient le cortex, qui est commun à tous les mammifères, puis un développement  particulièrement abouti chez l’être humain : le néo-cortex.

Nous avons donc une organisation que je qualifierais de verticale de notre cerveau :

 

-   le cerveau reptilien ( tronc cérébral + cervelet) partie la plus ancienne du cerveau, est en charge de la respiration, des battements du coeur, de la tension artérielle, du système immunitaire, et de tous les besoins essentiels à la survie de l'espèce (manger, dormir, éliminer, se reproduire). Le cervelet « petit cerveau », est apparu quand nos ancêtres (encore loin d’être humains) sont sortis de l’eau avec deux impératifs : se protéger du soleil et des prédateurs. Il a en charge tout ce qui concerne la motricité : maintien de la posture, équilibre, activité musculaire. Le cerveau reptilien concerne les instincts de survie, les besoins fondamentaux, il produit des comportements rigides stéréotypés, absolument invariables.Il est le lieu des habitudes anciennes, des rituels. Son mode d’expression, non verbal pour frustre est indispensable à la vie de groupe...

-    le cerveau limbique ou émotionnel, regroupe un certain nombre de structures cérébrales impliquées dans la gestion de l'olfaction, des émotions, des apprentissages de la mémoire. Sa fonction essentielle est l’adaptation à la vie en groupe et à la pérennisation de celui-ci. Tout ce qui concerne la protection de notre intégrité physique (individu) et celles de notre clan (espèce) est pris en charge par cette partie du cerveau. Il va donc organiser les informations propres à l’intégration sociale : apprentissages par mimétisme, respect du plus fort, comportements socioculturels (us alimentaires et vestimentaires, travail, coutumes, hiérarchisation sociale, soins, sentiment de sécurité, système de croyances...). C’est un conditionnement à la loi du groupe, pour la conservation de l’espèce. Il contrôle la physiologie du corps. Il est encore archaïque dans son organisation neuronale mais extrêmement rapide dans ses réactions lorsqu'il s'agit de survie. Son rôle d’intermédiaire entre le néocortex et le cerveau reptilien est essentiel : il contrôle l’affectivité et la mémoire. S’il fut longtemps considéré comme le siège des émotions on sait aujourd'hui qu'il ne correspond précisément à aucun des multiples systèmes émotionnels de notre cerveau.

  -     le cerveau cognitif : siège de la connaissance, donc de l’intégration des apprentissages le cortex présente une surface assez ressemblante avec celle d’un chou-fleur !  Il est constitué de couches de neurones parfaitement organisés, un réseau complexe et extrêmement ramifié dévoué à la circulation de l’information. Cette organisation permet un traitement optimal des données recueillies dans tout le corps par le biais du système nerveux ainsi que leur analyse pointue et extrêmement rapide. Il va s'agir ici de contrôler les impulsions et les instincts, de gérer l'attention et la concentration, de générer une capacité de relations interpersonnelles sophistiquées et donc de maîtriser le comportement social et moral. Nous ne sommes plus ici au niveau de la réaction archaïque, spontanée, face à un événement extérieur, ni dans l’adaptation à la vie de groupe par des apprentissages mimétiques. Au contraire il peut-être possible de se projeter dans le futur, sur la base d'images mentales, de références stockées dans l'esprit  en l’absence totale d'éléments externes tangibles. Cela permettra l’épanouissement de compétences complexes, les inventions indispensable au progrès et à l’évolution de l’espèce. Mais aussi : la création artistique et la capacité d’utiliser le système nerveux central en mode volontaire. Ceci permettra, entre autres, à qui le souhaite de développer des états de conscience particuliers (relaxation, méditation) et d’acquérir une qualité d’être, de présence à soi. Et tout ceci est propre à l'être humain, et à lui seul.

Mettons un bémol tout de même à ce magnifique fonctionnement du cerveau cognitif : en cas de stress intense, et malgré toutes les informations et tous les apprentissages emmagasinés dans notre mémoire, il devient incapable de réagir et passe le relais au cerveau limbique... ou au reptilien !

 

 

Le cerveau peut être divisé en trois parties :

 

Le cerveau reptilien (instincts de survie, besoins physiologiques fondamentaux)

 

Le cerveau limbique (adaptation sociale, gestion des émotions, apprentissages simples)

 

Le néocortex (connaissance, compétences complexes, inventions, art, qualité de l’être)

 

Le cerveau limbique est l’intermédiaire entre le reptilien et le néocortex :

C’est lui qui contrôle l’affectivité et la mémoire.

 

 

 

Vous serez peut-être surpris de voir présenter les fondements théoriques comme de simple possibilités, mais il faut reconnaître que le fonctionnement réel de l’IPMO ou de tout autre technique de mouvements oculaires relève pour le moment d’hypothèses.

Dans un premier temps, nous allons essayer de comprendre le fonctionnement basique de notre cerveau. Tel un ordinateur hyper perfectionné, le cerveau commande l'ensemble corps/psyché sur un mode  bio électrique : des informations électriques sont recueillies, traitées, des ordres sont donnés. L'ensemble de ce fonctionnement permet à notre corps et à notre psyché de s'adapter à l'environnement et d'y survivre. L'optimisation de ce système demande à ce qu'un certain nombre d'informations soit stocké afin de permettre une réponse plus rapide et parfaitement adaptée à chaque sollicitation : c'est la mémoire. Tout nos processus d'apprentissage, toutes nos expériences vécues mais aussi les différentes manières que nous avons trouvées pour nous adapter à chacune, sont ainsi « encartés » dans différentes zones du cerveau. Pour chacun va ainsi se dessiner une cartographie précise : il n'y a pas un schéma type de cerveau que l'on retrouverait dans chaque individu, mais au contraire une incroyable diversité qui fait notre identité.

 

La compréhension de l’IPMO ne peut se faire que sur la base d’hypothèses

 

Il est pour cela nécessaire de connaître les bases du fonctionnement du cerveau

 

 

Les bases dans le prochain article IPMO !

 

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