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Pour un certain nombre de techniques, je choisirais de garder le nom anglo saxon dans la mesure où elles ont généralement gardé cette appellation même auprès des utilisateurs fraçais (ou belges, luxembourgeois, suisses, québécois...)


TAB (Touch And Breath) est une alternative intéressante au tapping qui peut parfois déranger. En effet, je pense particulièrement à des cas de maltraitance physique : il est difficile de travailler sur un sujet qui touche directement le corps en « tapotant (qui est parfois entendu « tapant » !). Ou encore certaines personnes vont trouver cela « loufoque » (sic) de tapoter ainsi et préfèreront un rapport au corps plus discret, moins tonique.

 

La technique : au lieu de tapoter les points, vous garderez simplement le contact (touch) et ferez une respiration lente et profonde en exprimant sur l’expir au mot de rappel, ou en y pensant. Simple et efficace !.

Vous pouvez appliquer TAB à la version courte ou longue.


Je me souviens de cette patiente qui était à la fois dans un état émotionnel difficile mais rétive à toute technique. Elle avait fini par accepter d’essayer l’EFT en disant «  même si je trouve cet outil complètement ridicule... ».... La seule manière pour elle d’envisager de pratiquer les exercices a été de lui concocter un protocole sur mesure, incluant le TAB ! Mais pour pouvoir se l’approprier, elle choisit de faire 2 TAB par point ! Pourquoi pas, cela lui convenait mieux ainsi, le principal est que chacun rouve une mise en forme qui lui plaise.



[1] En anglais , to touch : toucher ; to  breath : respirer


Autant l’EFT est extrêmement simple à mettre en œuvre et possède un champ d’action quasi illimité, autant les possibilités d’adaptation de l’outil sont multiples. Nous allons donc voir diverses variantes qui peuvent encore améliorer l’EFT.

Je vous incite fortement à vous en inspirer et à vous laisser aller à une créativité débridée : l’EFT est encore tout jeune, et de nombreux développement sont possibles. Je vous remercie par avance de partager avec moi vos trouvailles, nous avons tous à gagner d’un tel échange (le site de Gary en est un exemple flagrant).

 

Les techniques que je vais présenter comme « cousines » dans les prochains articles  ne sont donc pas exhaustives, mais j’ai  essayé de vous fournir un panorama assez large. Vous trouverez dans un premier temps des variantes inspirées directement de l’EFT classique de Gary Craig, dans un second des techniques « cousines » : elles ont les mêmes racines (travaux du Dr Callahan), une autre branche de la famille, une forme différente de son évolution. Leur présentation ne sera pas faite dans le détail (un autre livre serait nécessaire !), notamment tous les fondements théoriques qui peuvent différer légèrement de ceux de l’EFT. Je vous propose simplement de quoi garnir votre boîte à outil dans le même esprit que l’EFT. Par affinité naturelle vous choisirez de travailler avec l’une ou l’autre. Chez d’autres auteurs vous rencontrerez encore d’autres développements.


Et vous en créerez peut-être vous-même de nouveaux !

Tenez-moi au courant ! Je vous ferais partager également mes trouvailles (voir par exemple "Zensound" ! la semaine prochaine)


 

 

Le cas de Laura* et de Margot*


« A poney »

 

Voici une application « hors cabinet » de l’EFT

Pendant une séance d’initiation au poney, une jeune élève de 8 ans montrait des symptômes alarmants : envie de vomir, alternance de pâleur et de rougeur excessives, maux de tête violents... Laura ne se sentait guère mieux après avoir bu l’eau proposée par la monitrice qui craignait que la chaleur importante ce jour là ne soit à l’origine du mal...

Il suffit de demander à Laura si elle avait peur de faire du poney, pour que les larmes aux yeux elle acquiesce en silence. Comme elle acceptait d’essayer « un petit truc pour avoir moins peur », nous avons pratiqué un premier passage en EFT : elle avait déjà moins peur ! Après le  deuxième passage, elle dit : « çà va ! » se retourna, attrapa les rênes, ramena son poney dans le rang et le monta  avec un grand sourire !

La semaine suivante, une autre fillette, Margot,  montrait des signes d’angoisse bien avant de monter sur son poney, elle voulut bien essayer l’EFT, mais la peur baissait sans totalement disparaître. Il apparu qu’elle était terrorisée depuis une chute ! Nous avons recommencé en prenant en compte ce souvenir traumatisant. L’amélioration suffit à monter sur le poney et les effets s’accentuèrent au fur et à mesure de la ballade que Margot termina avec un sourire éblouissant : elle avait cette fois pris un vrai plaisir à monter !

Deux exemples similaires mais deux cas différents. Deux pieds de nez à la peur !

Les enfants sont très doués pour lâcher ce qui les empêche de profiter de la vie !

*prénoms changés

 

« PEP » est un plan d’efficacité longue durée dans la pratique de l'EFT...  c’est en fait :

 

- Précision. La cible doit être précisée au maximum, si l’on ressent une tension sur le dessus de la cuisse droite, on ne dira pas « même si j’ai cette tension à la jambe... », si on est en colère contre son oncle Arthur, on dira « même si j’ai cette colère contre tonton Arthur...

 

Un exemple : une adolescente gardait justement une colère contre un certain garçon qui l’avait dépucelée puis laissée tomber... En disant « même si je suis tellement en colère contre X... » le résultat  était assez médiocre, mais en disant «  même si je suis en colère contre ce s...., ce c....... de X » nous avons obtenu des merveilles : perception réelle de l’émotion négative puis sa disparition.

Soyez précis, et utilisez les mots qui vous viennent, sans chercher à rester poli... les séances d’EFT ne sont pas publiques (sauf séminaires de formation à l’EFT, et tout le monde trouve finalement à gagner de la richesse du vocabulaire des autres participants...)

 

- Emphase : dans le même ordre d’idée, faites-en des tonnes, et rajouter pendant la correction de l’IP (Inversion Psychologique, voir article) des détails, des commentaires descriptifs. Puis mettez aussi un accent particulier sur le mot de rappel : « cette COLERE, cette CO-LE-RE, cette grosse colère, cette effroyable colère... » etc. Vous verrez, c’est comme un jeu, cela détend et aide énormément le travail.

Une remarque particulière sur l’emphase : elle permet d’utiliser l’humour à haute dose. Mettre de l’humour dans une séance d’EFT, c’est comme mettre de la nitroglycérine dans un moteur : la puissance est décuplée. Nous sous-estimons souvent la capacité du rire à dénouer les émotions négatives, confondant parfois autodérision et humour. J’ai en tête l’exemple donné par une praticienne en EFT à propos d’une patiente dont la peur du dentiste l’avait tenue éloignée du fameux fauteuil tellement longtemps qu’elle commençait à perdre se dents, malades et mal entretenues. Une fois sa peur réduite par l’EFT restait la honte de devoir ouvrir une pareille bouche devant le praticien. La thérapeute utilisa alors l’humour en proposant à la patiente la phrase de correction de l’IP suivante : « Même si l’horreur de ma bouche est telle que le dentiste va être dégoûté définitivement de son métier, et qu’il risque de se retrouver au chômage, sans un sou et tout cela par ma faute, je m’aime...etc », invitant la patiente à se projeter dans le scénario infernal de la décrépitude de son dentiste si il voyait sa bouche... Elle finit par en avoir le fou-rire et le tapping aidant, à considérer que après plus de 20 ans de pratique un dentiste avait forcément du rencontrer pire... et elle se fit soigner !

 

- Persévérance : bien que les effets de l’EFT soeint souvent rapides et durables, il ne fau pas négliger ce point. Au moindre retour du problème, si il y a, recommencer. Et surtout, si vous n’obtenez pas rapidement un résultat, per-sé-vé-rez ! Certaines personnes ont besoin de temps pour que les résultats s’installent, ou produisent un effet visible dans leur vie. Quotidiennement, voire plusieurs fois par jour attelez-vous à la résolution de votre problème. Thérapeutes, vérifiez et re-vérifiez les cibles à chaque séance et reprenez chaque point qui n’est finalement pas résolu.

 

 

Les conditions d’une réelle efficacité de l’EFT sont :

 

Précision

 Emphase

Persévérance.

 

 

 


 

Les addictions ou accoutumances diverses physiques ou psychologiques (médicaments, comportements, nourriture, drogue... etc) sont causées par le désir de réduire une anxiété.

Elles viennent combler un manque.

Comprendre et guèrir ce manque, ou -parfois dans un premier temps- trouver un moyen positif de compensation va permettre de se libérer de l'accoutumance

Le but du travail de libération en EFT va être de mettre le doigt sur la cause réelle du problème. On peut tapoter sur les symptômes (« envie de fumer », « besoin de ce médicament », « tentation par le chocolat », « besoin de me ronger les ongles »...etc) pour les faire diminuer, et en moment « de crise » quand le manque se fait sentir, cela est fort utile. Mais pour un résultat durable et efficace... on préférera rechercher la racine du problème. Il n’est pas toujours facile, lorsque l’on souffre d’un problème d’addiction, de voir le lien entre l’anxiété et la prise du produit.

D’où quelques questions utiles :

- quand le problème a-t-il commencé

- dans quelles circonstances ?

- que se passait-il dans votre vie à ce moment là ?

- quelles étaient les émotions ressenties ?

- quelle autre personne proche a vécu le même problème ?

- quel sentiment positif apporte la prise de la substance ou le            comportement ?

- que ressentez-vous au moment où le besoin se fait sentir...etc.

Ces questions seront elles-mêmes creusées au fur et à mesure de ce qui émergera. Pourquoi ? Un simple programme télévisé sur un sujet qui vous touche plus que vous n’en ayez conscience peut amener un niveau d’anxiété insupportable.... en écho à une situation antérieure.  Un conflit dans le monde du travail peut très bien réactualiser une souffrance enfouie depuis l’enfance où un parent, un professeur, un autre enfant vous avait fait subir le même sentiment d’agression...

C’est pour cela qu’un thérapeute est parfois nécessaire pour mener à bien cette investigation, et vous aider à libérer les vraies causes. Des émotions peuvent remonter, là aussi, une aide peut s’avérer utile... Le groupe dans le cadre d’un atelier spécifique peut permettre également de faire ce cheminement en sécurité, et l’expérience des uns éclaire parfois celle des autres. C’est tout l’intérêt d’une dynamique de groupe.

Les autres aspects qui méritent d’être traités sont :

- l’ambivalence que nous pouvons entretenir en nous  « je voudrais bien, mais je ne veux pas vraiment arrêter » peut être très élevée. Ce conflit intérieur entre les bénéfices à tirer des deux situations est un obstacle à la libération. La stratégie de compensation d’un manque par une substance ou un comportement marche très bien : pourquoi arrêter ? C’est le problème de la juste motivation à trouver, et de la nécessité de trouver une alternative de remplacement. En l’occurrence le bénéfice d’un retour à la santé tout en étant libéré de la source du manque va bien fonctionner avec l’EFT.

Exemples d’avantages à ne pas arrêter :

- mon corps a l’habitude, que va-t-il se passer si j’arrête (peur, angoisse, peur du manque...etc)

- manger du chocolat me fait du bien : il n’y a pas de mal à se faire du bien

- ce somnifère me garantit un bon sommeil, pourquoi est-ce que je me compliquerais la vie

- ce médicament prouve que je suis malade, on me reconnaît, on fait attention à moi, j’ai une excuse pour « ne pas y arriver tout seul »

- tant que je suis malade on me fiche la paix, ou tant que je suis un drogué je n’ai pas à faire l’effort de m’intégrer socialement, éventuellement on me prend en charge

- si je mange moins de cochonneries, je vais redevenir jolie et séduisante, mais les relations me font peur, autant rester inabordable !

- si je ne prends pas de calmants, je vais péter un câble et on verra vraiment à quel point je peux être odieux, pas aimable

- si je ne suis plus malade, on ne sera plus à mon service

- ...etc : vous aurez reconnus les fameux « side benefits », ils peuvent être nombreux ! Je pourrais y rajouter « l’air du temps » qui valorise la « victime » (voir télé réalité, livres témoignages et autre médiatisation d’histoires personnelles douloureuses) sans pour autant valoriser le dépassement du problème. Parler de la réussite séduit actuellement moins que d’étaler son malheur.... Il n’y a qu’à écouter les infos : où sont les bonnes nouvelles ?

- le déni et les résistances : fondamentalement l’être humain n’aime pas le changement. Son besoin de sécurité, renforcé par des siècles et des siècles de sédentarisation, l’a rendu assez impropre à accueillir les changements. D’où une première réaction au changement : le refus. On connaît les étapes du deuil qui passent par le déni, la peur, le refus d’accepter, le combat contre l’évidence, l’abattement, la résignation, et enfin l’acceptation (quelque soit l’ordre). Des étapes similaires peuvent apparaître dans le travail de libération des addictions

Exemple de point à travailler en EFT pour commencer à alléger ces résistances :

- colère ou ressentiment contre les personnes qui nous reprochent le « problème »... ensuite recherche d’une stratégie pour que les reproches cessent (généralement commence alors une « négociation » avec le problème qui est déjà un début de reconnaissance.

- incapacité à voir d’où vient - où est- le problème

- manque de motivation pour arrêter

- difficulté à reconnaître la réalité du problème

Une fois les résistances relâchées, il est possible d’aborder un vrai travail de fond pour vous libérer du problème.

Pour une addiction à une substance chimique potentiellement dangereuse (dans sa prise ou dans le sevrage trop rapide), je vous recommande d’aborder le travail avec un thérapeute, en lien avec votre médecin traitant.

L’arrêt d’un médicament sur ordonnance même si vous en êtes devenu "accro" (somnifères, tranquillisants... etc)  se fait toujours en accord avec votre médecin. C’est une question de bon sens autant que de sécurité.

 

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