
Les addictions ou accoutumances diverses physiques ou psychologiques (médicaments, comportements, nourriture, drogue... etc) sont causées par le désir de réduire une anxiété.
Elles viennent combler un manque.
Comprendre et guèrir ce manque, ou -parfois dans un premier temps- trouver un moyen positif de compensation va permettre de se libérer de l'accoutumance
Le but du travail de libération en EFT va être de mettre le doigt sur la cause réelle du problème. On peut tapoter sur les symptômes (« envie de fumer », « besoin de ce médicament », « tentation par le chocolat », « besoin de me ronger les ongles »...etc) pour les faire diminuer, et en moment « de crise » quand le manque se fait sentir, cela est fort utile. Mais pour un résultat durable et efficace... on préférera rechercher la racine du problème. Il n’est pas toujours facile, lorsque l’on souffre d’un problème d’addiction, de voir le lien entre l’anxiété et la prise du produit.
D’où quelques questions utiles :
- quand le problème a-t-il commencé
- dans quelles circonstances ?
- que se passait-il dans votre vie à ce moment là ?
- quelles étaient les émotions ressenties ?
- quelle autre personne proche a vécu le même problème ?
- quel sentiment positif apporte la prise de la substance ou le comportement ?
- que ressentez-vous au moment où le besoin se fait sentir...etc.
Ces questions seront elles-mêmes creusées au fur et à mesure de ce qui émergera. Pourquoi ? Un simple programme télévisé sur un sujet qui vous touche plus que vous n’en ayez conscience peut amener un niveau d’anxiété insupportable.... en écho à une situation antérieure. Un conflit dans le monde du travail peut très bien réactualiser une souffrance enfouie depuis l’enfance où un parent, un professeur, un autre enfant vous avait fait subir le même sentiment d’agression...
C’est pour cela qu’un thérapeute est parfois nécessaire pour mener à bien cette investigation, et vous aider à libérer les vraies causes. Des émotions peuvent remonter, là aussi, une aide peut s’avérer utile... Le groupe dans le cadre d’un atelier spécifique peut permettre également de faire ce cheminement en sécurité, et l’expérience des uns éclaire parfois celle des autres. C’est tout l’intérêt d’une dynamique de groupe.
Les autres aspects qui méritent d’être traités sont :
- l’ambivalence que nous pouvons entretenir en nous « je voudrais bien, mais je ne veux pas vraiment arrêter » peut être très élevée. Ce conflit intérieur entre les bénéfices à tirer des deux situations est un obstacle à la libération. La stratégie de compensation d’un manque par une substance ou un comportement marche très bien : pourquoi arrêter ? C’est le problème de la juste motivation à trouver, et de la nécessité de trouver une alternative de remplacement. En l’occurrence le bénéfice d’un retour à la santé tout en étant libéré de la source du manque va bien fonctionner avec l’EFT.
Exemples d’avantages à ne pas arrêter :
- mon corps a l’habitude, que va-t-il se passer si j’arrête (peur, angoisse, peur du manque...etc)
- manger du chocolat me fait du bien : il n’y a pas de mal à se faire du bien
- ce somnifère me garantit un bon sommeil, pourquoi est-ce que je me compliquerais la vie
- ce médicament prouve que je suis malade, on me reconnaît, on fait attention à moi, j’ai une excuse pour « ne pas y arriver tout seul »
- tant que je suis malade on me fiche la paix, ou tant que je suis un drogué je n’ai pas à faire l’effort de m’intégrer socialement, éventuellement on me prend en charge
- si je mange moins de cochonneries, je vais redevenir jolie et séduisante, mais les relations me font peur, autant rester inabordable !
- si je ne prends pas de calmants, je vais péter un câble et on verra vraiment à quel point je peux être odieux, pas aimable
- si je ne suis plus malade, on ne sera plus à mon service
- ...etc : vous aurez reconnus les fameux « side benefits », ils peuvent être nombreux ! Je pourrais y rajouter « l’air du temps » qui valorise la « victime » (voir télé réalité, livres témoignages et autre médiatisation d’histoires personnelles douloureuses) sans pour autant valoriser le dépassement du problème. Parler de la réussite séduit actuellement moins que d’étaler son malheur.... Il n’y a qu’à écouter les infos : où sont les bonnes nouvelles ?
- le déni et les résistances : fondamentalement l’être humain n’aime pas le changement. Son besoin de sécurité, renforcé par des siècles et des siècles de sédentarisation, l’a rendu assez impropre à accueillir les changements. D’où une première réaction au changement : le refus. On connaît les étapes du deuil qui passent par le déni, la peur, le refus d’accepter, le combat contre l’évidence, l’abattement, la résignation, et enfin l’acceptation (quelque soit l’ordre). Des étapes similaires peuvent apparaître dans le travail de libération des addictions
Exemple de point à travailler en EFT pour commencer à alléger ces résistances :
- colère ou ressentiment contre les personnes qui nous reprochent le « problème »... ensuite recherche d’une stratégie pour que les reproches cessent (généralement commence alors une « négociation » avec le problème qui est déjà un début de reconnaissance.
- incapacité à voir d’où vient - où est- le problème
- manque de motivation pour arrêter
- difficulté à reconnaître la réalité du problème
Une fois les résistances relâchées, il est possible d’aborder un vrai travail de fond pour vous libérer du problème.
Pour une addiction à une substance chimique potentiellement dangereuse (dans sa prise ou dans le sevrage trop rapide), je vous recommande d’aborder le travail avec un thérapeute, en lien avec votre médecin traitant.
L’arrêt d’un médicament sur ordonnance même si vous en êtes devenu "accro" (somnifères, tranquillisants... etc) se fait toujours en accord avec votre médecin. C’est une question de bon sens autant que de sécurité.